Passeurs et reveurs de mots - Les amants mytérieux de Venise, Nathyellis

15 juillet 2026 - 08:00 - 12 vues
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Et si nos vies se lisaient comme une palette ?
Le rose des illusions, le vert de l'espoir, le bleu de l'amour.
C'est la langue secrète du nouveau Valentine de Valérie Morales : Les couleurs de Valentine, Sur les rives du Mékong.
Valentine revient, et cette fois, son histoire nous emmène jusqu'au bout du monde.
Au commencement, il y a une voix.
Celle de Valentine : elle pétille, elle se moque d'elle-même, elle croque la vie comme un bonbon acidulé.
Elle aime Édouard avec une tendre maladresse, elle rêve en technicolor, elle voit son existence à la manière de Jacques Demy : une comédie où les passants dansent, où l'amour finit toujours par triompher.
Et puis un autobus freine trop fort. Une chute. Une fracture. Et l'été s'éteint d'un coup.
Mais le grand voyage commence ailleurs.
Son amie Emma, adoptée après avoir grandi dans un orphelinat vietnamien, décide de remonter le fil de ses origines.
Alors elles partent toutes les trois : Justine la généalogiste, Valentine la rêveuse, et Emma qui cherche son propre visage dans celui des autres.
Hanoï, la baie d'Halong, Hoï An, et le Mékong, ce fleuve sinueux, complexe, plein de dangers, qui ressemble à s'y méprendre à une vie.
Et c'est là que le roman dévoile son secret.
Pendant qu'Emma cherche ses parents, Valentine, elle, cherche à croire qu'elle mérite l'amour.
La quête de l'une réveille les peurs de l'autre : ses doutes, ses sabotages intérieurs, cette manière de douter du bonheur quand il s'approche.
En accompagnant Emma vers les siens, Valentine apprend, doucement, à s'accompagner elle-même.
Et puis vient ce jour de printemps, au parc des Arènes.
Une fête, des ballons, des amis réunis sous un arbre.
Valentine comprend alors qu'elle s'était trompée sur Édouard, et que l'amour était là, discret, fidèle, loin des grands effets qu'elle attendait.
Les couleurs de Valentine parle de ceux qui se relèvent.
De l'amour qui survit au silence, au temps, à l'exil.
De ces fêlures qui deviennent, à la longue, une force.
Le roman nous rappelle une chose précieuse :
choisir de voir la vie en couleurs, même imparfaite, reste peut-être la plus belle des audaces.
Un livre tendre et lumineux, qui donne envie de croire, encore, aux contes de fées.

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